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LES FEMMES OBTIENNENT LE VOTE


DATES ET FAITS


1874
Fondation de la Woman's Christian Temperance Union en Ontario.

1887
Les femmes propriétaires peuvent voter aux élections municipales au Manitoba.

1890
Les femmes propriétaires peuvent voter aux élections des commissions scolaires au Manitoba.

1893
La Woman's Christian Temperance Union du Manitoba présente une pétition réclamant le suffrage féminin.

1894
Fondation du Manitoba Equal Suffrage Club.

1901
Un travailleur sur six au Canada est une femme.

13 février 1907
Le Manitoba révoque le droit des femmes de voter aux élections municipales.

28 janvier 1914
Mise en  scène du « Parlement des femmes » au théâtre Walker.

1915
La Political Equality League présente une pétition au gouvernement réclamant le suffrage féminin.

28 janvier 1916
Le Manitoba donne aux femmes le droit de voter aux élections provinciales.

24 mai 1918
Les femmes canadiennes obtiennent le droit de voter aux élections fédérales.

AUTRES RESSOURCES


Le Docteur Amelia Yoemans. Winnipeg : Culture, Patrimoine et Loisirs Manitoba, c1985.

Le Canada, une histoire populaire : épisode 11B : 1er ex. : la grande transformation (1896 à 1915), deuxième partie (vidéocassette).
Montréal : Société Radio-Canada, c2001.

Le Droit de vote des femmes (vidéocassette) / Nicole Messier.
Montréal : Société Radio-Canada, 1990.

Citoyennes? : femmes,  droit de vote et démocratie / Diane Lamoureux.
Montréal : Éditions du Remue-ménage, 1989.

L’incroyable histoire de la lutte que quelques-unes ont menée pour obtenir le droit de vote pour toutes /  Jocelyne Beaulieu.
Outremont, Québec : VLB, 1990.

CARTES


Cartes électorales du Manitoba de 1920

Manitoba 1926 [ organisations rurales]


POUR LES ÉDUCATEURS


Les femmes obtiennent le vote
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Politique et corruption

Les suffragistes affirmaient que les femmes étaient nécessaires pour nettoyer la politique au Manitoba. Pour étayer cet argument, elles pouvaient invoquer la manière désordonnée dont les partis politiques se comportaient au Manitoba au début du vingtième siècle.

Chaque élection était entachée d'accusations de corruption; à un moment donné, un parti a même embauché un détective privé pour espionner les chefs des autres partis. De 1900 à 1915, le maître de la scène politique au Manitoba a été le premier ministre conservateur Rodmond Roblin. Chef astucieux et habile, Roblin a présidé une machine politique qui, bien que parfois corrompue, est une de celles qui ont connu le plus de succès de l'histoire du Manitoba. Il a créé une coalition électorale qui comprenait à la fois le farouchement anti-catholique Ordre d'Orange et les électeurs catholiques de la province. Les électeurs ruraux étaient reconnaissants à Roblin pour la lutte que son gouvernement avait menée pour améliorer le service ferroviaire et pour le réseau téléphonique public et le réseau de silos détenus par l'État.

La décision de Roblin de mettre fin aux restrictions au droit de vote des Européens de l'Est et d'ouvrir une école pour former des enseignants d'écoles publiques de langue ukrainienne lui a gagné l'appui de nombreux immigrants récents. Son exigence que les écoles arborent le drapeau Union Jack lui a valu l'appui des Manitobains dont les racines remontaient à la Grande-Bretagne.

Ces politiques étaient accompagnées par une approche coup-de-poing des campagnes politiques. On dit que dans l'élection provinciale de 1910, seuls sept des près de 90 candidats n'ont pas été qualifiés de menteurs ou d'escrocs par leurs concurrents. Dans une tentative d'acheter des votes, l'alcool coulait à flot le jour de l'élection, autre raison pour laquelle les partisans de la tempérance voulaient interdire l'alcool. On attendait des fonctionnaires qu'ils aident les conservateurs à convaincre leurs partisans d'aller voter le jour de l'élection et les circonscriptions qui ne votaient pas pour le parti victorieux devaient se passer de chemins neufs et de services gouvernementaux améliorés jusqu'à l'élection suivante.

Roblin a résisté au mouvement pour la tempérance, signalant que les collectivités individuelles avaient le droit de voter pour interdire la vente locale d'alcool. Ces votes locaux sur l'interdiction ou non de l'alcool dans la collectivité suscitaient souvent une lutte aussi acharnée qu'une élection provinciale. Roblin a fait tout aussi peu de cas des propositions qui visaient à donner le vote aux femmes.

Il n'est donc pas surprenant qu'un vaste mouvement de réforme se soit formé pour contester le gouvernement Roblin. Inspirés par les récents enseignements des Églises protestantes, les réformistes prônaient la tempérance, le suffrage des femmes, une réforme fiscale, la fin de l'éducation bilingue, la démocratie directe par l'emploi de référendums et l'amélioration de la législation du travail. Par ces mesures politiques, les réformistes voulaient amener une transformation morale de la société.

Ressources numériques sur l’histoire du Manitoba