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GRÈVE 1919!


DATES ET FAITS


15 mai 1919
À midi, 20 000 personnes sont en grève.

9 juin 1919
Le Comité de mille recrute des agents de police spéciaux.

10 juin 1919
Affrontement entre les spéciaux et les grévistes à Portage et Main.

16 juin 1919
Arrestation des meneurs de la grève.

21 juin 1919
Le samedi sanglant marque la défaite de la grève.

AUTRES RESSOURCES


Le Canada, une histoire populaire : épisode 12B : 1er ex. : l`épreuve du feu (1915 à 1929), deuxième partie (vidéocassette).
Montréal : Société Radio-Canada, c2001.

Les grèves au Canada : causes et conséquences / Robert Lacroix.
Montréal : Presses de l’Université de Montréal, 1987.

1919, une année de grèves (diapositives)
David J. Bercuson. Ottawa : Musée national de l’Homme : Musée national du Canada : Office national du Film du Canada, 1974.

CARTES


Carte Chataway de Winnipeg, nouvelle édition. 1919.


POUR LES ÉDUCATEURS


La grève de 1919
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Le Committee of One Thousand

Peu après le déclenchement de la grève générale, les dirigeants de la communauté des affaires de Winnipeg ont établi le Citizens’ Committee of One Thousand (Ref1, Ref2) (comité de mille citoyens). Il avait beaucoup moins que mille membres, mais il avait accès aux corridors du pouvoir tant au Manitoba qu’à Ottawa. On comptait parmi ses figures principales des hommes d’affaires et avocats en vue tels que A. J. Andrews, J. C. Coyne, Travis Sweatman et Isaac Pitblado. Il a organisé des volontaires pour remplacer les grévistes (Ref1, Ref2) et travaillé pour que la grève se solde par une défaite pour les syndicats. Dans son propre journal, The Citizen, il a attaqué les syndicats et leurs partisans en les qualifiant de révolutionnaires bolcheviques et laissé entendre que la grève était en grande partie le travail d’immigrants d’Europe de l’Est. (Ref1, Ref2) Ces accusations ont été reprises par les dirigeants de l’Église catholique à Saint-Boniface.

Peu après le début de la grève, deux membres importants du comité ont rencontré des ministres du cabinet fédéral et leur ont dit que la grève était une révolution en gestation. Le gouvernement a été convaincu et A. J. Andrews, un avocat et membre du comité, a été nommé agent spécial du gouvernement à Winnipeg. Craignant qu’une tentative de mettre fin à la grève par la force ne se termine de façon désastreuse, Andrews croyait que le gouvernement devait procéder prudemment. Il voulait toutefois absolument écraser la grève; il a donc conseillé au gouvernement d’adopter une série de lois qui permettraient d’arrêter rapidement les meneurs de grève et de les déporter sans procès. Un des premiers gestes du comité a été de forcer le conseil municipal à congédier l’ensemble du service de police de Winnipeg pour avoir refusé de jurer, sous serment, qu’il ne participerait pas à des grèves générales. Les agents congédiés ont été remplacés par 1 800 agents de police spéciaux recrutés par le comité. Le lendemain, le 10 juin, les spéciaux, comme on les appelait, se sont battus avec des grévistes au coin de Portage et Main dans le premier important affrontement violent (Ref1, Ref2) de la grève.

Andrews appuyait la décision des employeurs de ne pas négocier, mais il savait qu’il devait amener rapidement la grève à sa conclusion car les travailleurs d’autres villes à travers le pays manifestaient de l’appui pour la grève de Winnipeg. Des grèves générales à l’appui de la grève de Winnipeg avaient éclaté à Brandon, Calgary, Edmonton, Saskatoon, Regina, Vancouver et Victoria, et dans des villes aussi petites que Dauphin et Minnedosa. La grande crainte était que les cheminots ne se joignent à la grève, paralysant le pays.

L’occasion s’est présentée pour Andrews quand les propriétaires des ateliers de métallurgie ont fait une petite concession, annonçant qu’ils négocieraient avec les syndicats de métier individuels, mais pas avec l’ensemble du conseil des métiers de la métallurgie. C’était une proposition que les travailleurs ne pouvaient accepter, puisqu’ils avaient fait grève pour affirmer leur droit de choisir qui les représenterait. Quand les syndicats ont rejeté la proposition, la police à cheval est entrée en action. La nuit du 16 juin, dix dirigeants de la grève ont été arrêtés à leur domicile et amenés au pénitencier de Stony Mountain. On a fait des descentes et saisi le contenu des bureaux de syndicats partout dans la ville. Andrews a agi rapidement et de lui-même; les dirigeants fédéraux à Ottawa ont été surpris de l’entendre annoncer que les grévistes allaient être traduits en justice pour sédition.

Les soldats revenus de guerre avaient organisé des défilés tant contre (Ref1, Ref2, Ref3) que pour (Ref1, Ref2) la grève. Le 21 juin, les anciens combattants qui appuyaient la grève se sont rassemblés au centre-ville de Winnipeg pour protester contre les arrestations. Quand le maire a interdit leur manifestation, on a appelé la police à cheval. Chargeant à cheval dans la foule, les agents de police ont tiré sur les grévistes; un homme est mort instantanément, un autre quelques jours plus tard de blessures par balle. La police spéciale qui avait été recrutée par le Committee of One Thousand a ensuite avancé sur les manifestants et à la fin de la journée, au moins trente des manifestants avaient été grièvement blessés. (Ref1, Ref2, Ref3, Ref4)

Les arrestations et l’attaque contre le défilé, que les syndicats ont appelé le « samedi sanglant », ont marqué la défaite de la grève. Les grévistes sont retournés au travail sans contrats. Des centaines, peut-être des milliers de travailleurs, ont été congédiés pour avoir participé à la grève. D’autres n’ont pu ravoir leur emploi que s’ils signaient une entente promettant de ne pas adhérer à un syndicat à l’avenir.

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