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LA NAISSANCE DU MANITOBA


DATES ET FAITS


1670
Charles II concède 7,7 millions d’acres carrées (appelées la Terre de Rupert) à la Compagnie de la Baie d’Hudson.

mars 1869
La Compagnie de la Baie d’Hudson vend la Terre de Rupert au gouvernement canadien.

3 novembre 1869
Riel saisit Upper Fort Garry.

8 décembre 1869
Riel établit un gouvernement provisoire.
Rédaction de la première liste des droits.

26 janvier 1870
La convention de quarante rédige une deuxième liste des droits.

7 février 1870
Modification de la liste des droits.

4 mars 1870
Le gouvernement provisoire exécute Thomas Scott.

22 mars 1870
Le gouvernement provisoire envoie une liste des droits révisée à Ottawa.

12 mai 1870
Le Manitoba devient la cinquième province du Canada.

23 août 1870
Le général Wolseley arrive à Fort Garry pour mettre fin à la résistance.
Riel a fui.

1875
Le Parlement canadien accorde l’amnistie, sauf à Riel,
Ambroise Lépine et William O’Donoghue.

AUTRES RESSOURCES


Au temps de la Prairie : l’histoire des Métis de l’Ouest canadien

par Auguste Vermette. Saint-Boniface : Éditions du Blé, 2000.

Le Canada : la poussée vers l’Ouest par Michael W. Cranny.

Montréal : Éditions de la Chenelière, c2002.

Louis Riel en bande dessinée par Robert Freynet.

Saint-Boniface, Man. : Éditions des Plaines, 1990?

Louis Riel et la nouvelle nation par Colin Davies, traduction française, Réjeanne Bissonnette. Agincourt, Ont. : Société canadienne du livre, c1981.

CARTES


Diagramme sommaire, fondé sur la carte de Hind destinée à illustrer le rapport sur l’arpentage des townships et du territoire de la rivière Rouge. 1870

Carte montrant le tracé de la route entre le lac Supérieur et la colonie de la Rivière-Rouge. 1870

Carte de la province du Manitoba et d’une partie du District de Kewatin et des Territoires du Nord-Ouest montrant les townships et établissements. 1870.

POUR LES ÉDUCATEURS


La naissance du Manitoba
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La question de l'amnistie

Une des demandes primordiales des délégués qui étaient allés de la Rivière-Rouge à Ottawa pour négocier l'entrée du Manitoba dans le Canada était une amnistie complète pour tous ceux qui avaient participé à la résistance de la Rivière-Rouge. La résistance avait eu le soutien de la communauté métisse dès le début et la communauté anglophone avait fini par appuyer le gouvernement provisoire. Sans amnistie, c'est-à-dire la promesse que les gens ne seraient pas accusés de trahison et d'autres crimes pour avoir pris part à la résistance et aux actions du gouvernement provisoire, la collectivité de la Rivière-Rouge ne pourrait pas se développer de façon paisible et ordonnée. Le premier ministre canadien sir John A. Macdonald n'était pas prêt à mettre une promesse d'amnistie par écrit, mais les délégués de la Rivière-Rouge croyaient que les dirigeants du gouvernement canadien leur avaient promis une amnistie.

Pourtant, quand le printemps a fait place à l'été à la Rivière-Rouge en 1870, aucune amnistie n'avait encore été déclarée. Une expédition militaire britannique, par contre, cheminait lentement vers l'ouest. L'expédition comprenait des volontaires de l'Ontario qui s'étaient enrôlés expressément pour venger la mort de Thomas Scott. L'expédition militaire est arrivée à la Rivière-Rouge quelques jours avant le nouveau lieutenant-gouverneur, Adams Archibald. Craignant de plus en plus pour sa sécurité personnelle, Riel est parti de la Rivière-Rouge quelques heures à peine avant l'arrivée de l'expédition militaire commandée par le colonel Garnet Wolseley. Ce fut une sage décision. Wolseley a écrit plus tard, en effet : « La plupart d'entre nous estimions que nous devions régler nos comptes rapidement avec Riel, qui avait tué l'Anglais, M. Scott. Si nous l'avions attrapé, nous aurions été sans merci. »

Wolseley s'est vite rendu compte que sa véritable tâche était de protéger les Métis contre les Canadiens, qui étaient décidés à venger Scott. Elzéar Goulet, un membre du jury qui avait condamné Scott, a été lapidé à mort par des Canadiens qui sont restés impunis. Un autre partisan de la résistance, François Guillemette, a été tué pendant cette période de terreur, durant laquelle la plupart des Métis avaient peur de s'aventurer à la Rivière-Rouge. Même en 1872, l'avocat canadien-français Joseph Dubuc, qui n'avait pas été à la Rivière-Rouge en 1870, a été si gravement battu dans la rue qu'il est resté aveugle d'un œil. Le gouvernement de l'Ontario a offert une récompense de 5 000 $ pour Riel, qui a été forcé de se réfugier aux États-Unis. Il est revenu pour se faire élire au Parlement à trois reprises différentes, mais n'a jamais été autorisé à occuper son siège à la Chambre des communes. La question de l'amnistie a atteint son point critique en 1874 quand un des lieutenants de Riel, Ambroise Lépine, a été arrêté, jugé et reconnu coupable, et condamné à mort pour le meurtre de Scott. En 1875, le Parlement canadien a finalement déclaré une amnistie pour tous ceux qui avaient participé à la résistance sauf Riel, Lépine et William O'Donoghue. Ceux-ci devaient être exilés du Canada pour une période de cinq ans, après quoi l'amnistie leur serait accordée.

Ressources numériques sur l’histoire du Manitoba