Titre: "Mgr Mathieu et les grèves de l'ouest" dans les Cloches de Saint-Boniface, vol. 23, no 12, 15 juin 1919, p. 179
Auteur: Anonyme
Source: Archives de la société historique de Saint-Boniface, Les Cloches de Saint-Boniface, Vol. XVIII, no 12, 15 June 1919, p. 170
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Transcription

MGR MATHIEU ET LES GREVES DE L'OUEST
Au début même de la crise, qui cause tant de malaise à Winnipeg
et dans d'autres villes de l'Ouest, S. G. Mgr [Sa Grandeur Monseigneur] Mathieu, archevêque de Ré-
gina, a donné une conférence devant le club Kiwanis, dans sa ville épisco-
pale. En voici quelques extraits, où se révèlent le philosophe et le théo-
logien justement réputé qu'est le vénérable archevêque et qui ont dû pro-
duire une profonde impression sur l'auditoire anglais, auquel il s'adres-
sait:
"Jamais on n'a parlé, et avec autant d'éloquence, de fraternité hu-
"maine, et jamais il n'y a eu si peu d'union des coeurs.
"La société est composée de riches et de pauvres, de maîtres et de
"serviteurs, de patrons et d'ouvriers; tous ces éléments devraient, selon
"les desseins de la Providence, et pour le bien commun, garder entre eux
"une juste coordination, devraient travailler à l'unisson, et, par la prati-
"que minutieuse de la justice et de la charité, vivre côte à côte dans la
"paix et l'harmonie, afin d'assurer la prospérité de tous.
"Au lieu de cela, ceux qui possèdent et ceux qui ne possèdent pas
"se regardent en adversaires, si ce n'est en ennemis. L'antagonisme des
"classe augmente chaque jour de la plus alarmante manière; le respect
"du droit de propriété est affaibli dans la consience des masses et de
"temps en temps, tantôt ici, tantôt là, nous voyons se manifester les signes
"avant-coureurs d'un terrible désordre. Capital et travail se font la guerre;
"riches et pauvres se regardent comme des adversaires. Il y a d'un côté,
"un désir, très immodéré, d'accumuler la richesse et l'oubli regrettable
"des obligations qu'impose la fortune; de l'autre, il y a de la convoitise,
"des rivalités et des rancoeurs, de la haine, des attaques violentes contre
"ceux qui possèdent, et l'attente du jour où ceux-ci vont pouvoir être dé-
pouillés."
Pareille situation, a expliqué Sa Grandeur, est intolérable. Il faut
en sortir, si la société doit être arrêté sur la pente de l'abîme. Et l'on
n'en sortira que si les patrons et les ouvriers reviennent à une plus nette
compréhension et à la pratique consciencieuse de leurs mutuels devoirs,
que le conférencier a rappelés avec une grande clarté.

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