Titre: "Le Suffrage féminin" dans Les Cloches de Saint-Boniface, vol. XV, no 4, 15 février 1916, extrait, p. 59-60
Auteur:
Source: Archives de la société historique de Saint-Boniface
Page 2 of 2

Transcription

LES CLOCHES DE SAINT-BONIFACE
plus courageuse dans ses opinions, plus généreuse, plus dévouée à ce
qu’elle aime, plus désintéressée.
« Elle peut influer sur l’homme sans jouer à l’homme. Il ne s’agit
pas de revendiquer son tour de parole aux tribunes politiques, ou
d’attendre que sa volonté ait un poids légal dans les scrutins. Peu
importe que, le jour où, tous les quatre ans, la souveraineté de l’hom-
me consiste à choisir ses maîtres, la voix de la femme ne compte pas,
si elle a tous les autres jours pour préparer, améliorer, changer l’opi-
nion de l’homme. Il suffit d’une loi et d’un despote pour dépouiller le
citoyen de son suffrage politique : aucune loi, aucune tyrannie ne sau-
rait atteindre l’empire de la femme dans la famille et dans la société. »
Nous avons cité en novembre dernier les vues de S. E. le cardi-
nal Gibbons sur cette question. « I still hold » écrivait Son Eminence
« the same views on woman suffrage, already so often expressed, that
the ballot would drag woman from her domestic duties into arena of
politics and rob her of much of her charm, goodness, and true influen-
ce. She is indeed a princess, but her God-given rule should lie in
domestic and gentler fields and ways. We all believe that she has
been so successful in her work there that we fear any change by the
carrying of her government into the political field.”

LA PROHIBITION
Les anti-prohibitionistes sont à l'oeuvre dans toute la province
pour empêcher que le vote du 13 mars soit favorable à la prohibition.
Une des raisons de ces apôtres des buvettes, c'es que la mesure pro-
posée n'est pas assez radicale. Elle n'interdit pas aux citoyens àu
Manitoba l'importation de liqueurs enivrantes d'autres provinces du
Canada pour la raison, disent les juriconsultes, que le Gouvernement
provincial n' a pas de juridiction directe ni indirecte sur le commerce
des autres provinces.On semble plus soucieux de la Constitution sur
ce point que sur les droits scolaires, pourtant non moins clairs et non
moins bien établis.
Quoiqu'il en soit, l'argument que les anti-prohibitionistes tirent
de ce fait ne tient pas debout. Si la mesure soumise au référendum
populaire n'interdit pas l'importation des liqueurs, elle en règlemente
sévèrement l'usage. Elle en interdit la vente dans les limites de la


































Ressources numériques sur l’histoire du Manitoba