Titre: Maurice Goulet et Paul Prince, arguments contre le féminisme pour un débat organisé par Le Cercle La Vérendrye, 1924
Auteur: Goulet, Maurice;Prince, Paul
Source: Archives de la Société historique de Saint-Boniface, Fonds Raymond Bernier, 0069/1400/82
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Transcription

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b. Et dans la société civile puisque la femme a une vocation autre que
celle de l'homme; elle doit exercer d'autres fonctions. A l'homme donc
défenseur du foyer, d'en sortir pour l'alimenter de son travail et,
s'il le peut, pour illustrer de sa gloire. A la femme d'y rester,
d'en être le charme et la providence, et d'y former l'enfant. Le grand
mal du foyer serait l'abscence de la mère, comme la grande douleur de
la femme serait l'abscence d'un foyer.
b. Il a paru bon cependant à certaines bonnes chrétiennes croyantes
et pieuses de prendre des intitiatives, d'organiser des oeuvres, de
tenir un langage qui eut effarouché la timidité de nos mères. Ont-elles
mal fait, parce qu'elle se sont rendu compte que le temps où elles
vivaient à ses exigences, et qu'ils n'est pas bon de laisser s'accom-
plir en dehors de la religion et contre la religion, une évolution
irrésitstible et d'ailleurs salutaire dans une certaine mesure.
c. Enfin il faut reconnaître que la femme n'est ni l'égale, ni l'iden-
tique de l'homme, ce rêve d'identité, cette assimilation absolue de
nature, de fonction et de formation est une utopie d'idéologues.
c. Mais, il ne faut pas oublier non plus que son rôle, c'est d'être la
conseillère, le bon génie de l'homme. C'est son influence plus que
ses oeuvres, qui donneront à une littérature le goût, la mesure, la
réserve, la distinction.
III. REMEDES A APPORTER AUX MAUX DE NOTRE EPOQUE.
a. Ce qu'il faut, c'est de disperser ce club de malcontentes, qui
groupe toutes le toquées et les retoquées du mariage. Car le féminis-
me n'est autre chose qu'une des formes de la doctrine anarchique qui
s'étend sur la société avec la rapidité d'une épidémie.
Ne vaudrait-il pas mieux, puisqu'aujourd'hui encore, la condition
de la femme se ressent de ce fait que l'homme est le plus fort et
que c'est lui qui a rédigé le code; ne vaudrait-t-il pas mieux, dis-je,
de réformer ce qu'il y a à réformer et réparer selon la justice les
torts qui ont pu être commis envers la femme?
b. Ce qu'il faut- c'est de surveiller l'éducation des jeunes filles,
c'est de voir à ce qu'elle soit pratique surtout. Plus de latin, ni
de grec, ni de minéraligie, ni d'astronomie au programme. Nous en
voyons trop aujourd'hui de ces bachelières, de ces brèvetées ou pour
mieux dire, de ces déclassées, dont une érudition encyclopédique,
indigeste et éphémère n'a servi qu'à obstruer le cerveau et à vider
le coeur.
b. Molière, pourtant, désirait qu'une femme eut des clartés de tout".
Il faudrait bien plutôt aujourd'hui, que chaque femme, en sa condition
fut supérieurement instruite de ce qui convient à sa condition, à sa
fonction et la somme des connaissances communes s'étant beaucoup
accrues, la somme des connaissances féminines doit s'augmenter d'autant.
c. Ce qu'il faut enfin conclure, c'est qu'il n'y a ni profit, ni poss-
bilité pour une femme de briguer des carrières où elle sera dépassée
et que ni sa délicatesse morale, ni sa sensibilité, ni ses autres devoirs
ne lui permettront d'affronter.
c. Mais alors, il faudrait se rappeler que la femme doit être protégée,
préservée des labeurs qui l'écrasent, des conditions de travail qui la
déshonorent ou l'exploitent. Il faudrait prendre des mesures capables
de rémédier à d'affreuses injustices, à celle-ci en particulier, le
salaire de famine donné aux institutrices, dans la Province de Québec


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