Titre: Maurice Goulet et Paul Prince, arguments contre le féminisme pour un débat organisé par Le Cercle La Vérendrye, 1924
Auteur: Goulet, Maurice;Prince, Paul
Source: Archives de la Société historique de Saint-Boniface, Fonds Raymond Bernier, 0069/1400/82
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Transcription

A. M. D. G.
MOTION: Comme protestation contre le vote féminin, qui décidera
des intérêts du pays aux prochaines élections, secondé par mes
honorables collègues, j'affirme que le féminisme est une déché-
chance pour la race et une utopie antisociale.
1. PRETENTIONS SUBVERSIVES DU FEMINISME
a Le féminisme de par sa définition même l'indique, puisque
"c'est une doctrine tendant à faire reconnaitre aux femmes les droits
civils et politiques que possède l'homme, et, pour, elles, l'accès
à toutes les carrières réservées aujourd'hui aux hommes: médecine,
droit, etc, etc,"
a Mais, la femme, n'a-t-elle pas des droits? Et toute doc-
trine qui tend à sauvegarder, à exalter, le plus possible, en elle,
la dignité de sa personne ne mérite-t-elle pas approbation? Le Christ
n'a-t-il pas couronné la femme en Marie?
b. Que la femme sorte de son domaine pour envahir celui de l'homme,
elle y trouve- deviendra à son détriment, la victime de la concurrence
qu'elle aura attisée. Indépendante, elle n'aura plus de chef, isolée
elle n'aura plus de protection. Déchue de sa royauté familiale,
bannie, dans sa vie d'un toit où elle n'a plus d'empire, après avoir
été un jouet ou un outil elle deviendra un déchet inutile et méprisée.
b. La femme cependant, n'est-elle pas acculée, elle aussi, à la dure
nécessité de la lutte pour la vie? Et, dès lors, dans ces circonstan-
ces n'a-t-elle pas raison de poursuivre son émancipation économique
et sociale, en revendiquant l'accès à toutes les fonctions et profes-
sions. Vivre ou ne pas vivre, telle est l'éternelle question. Elle est
au fond du féminisme. C'est parce qu'elle n' a pas de pain que la femme
veut aller en chercher où elle voit l'homme en trouver: dans les mêmes
travaux, dans les mêmes carrières, ne s'apercevant pas que le pain
ainsi cherché lui sera bien disputé.
c. Enfin, si dans la famille, nous introduisons des suffragettes, de
deux choses l'une: ou la femme partage l'opinion de son mari, et en ce
cas il suffirait d'accorder à l'homme marié double suffrage; ou elle
diffère d'opinion, et alors, si elle vote, nous déchainons au foyer
la luttle électoral. Pourquoi ce nouveau brandon de sic discorde?
c. En admettant que l'émancipation politique accordée aux femmes, en
ce faisant attribuer le droit de suffrage, soit éxagérée; peut-on
soutenir que les femmes canadiennes françaises et catholiques doivent
rester en arrière quand les anglaises et les protestantes iront
déposer leur scrutin dans l'urne électorale?
11. ROLE DE LA FEMME DANS LA SOCIETE.
a. Le rôle de la femme dans la société familiale, étant la maternité,
par lequel et pour lequel elle existe, tout ce qui altère, diminue ou
compromet ce rôle est nuisible et mauvais; tout ce qui le favorise, le
relève et le couronne est bienfaisant et bon.
a Soit la mère doit élever ses fils, mais pour cela, il faut qu'elle
soit de force à éveiller leur intelligence et à les suivre plus tard
dans leur croissance intellectuelle, sous peine de perdre toute in-
fluence sur eux. L'épouse doit écouter, comprendre, conseiller et
souvent même éclairer et réfuter son mari ou son entourage. Alors,
pour cela, elle doit savoir parler d'autre chose que de ses chapeaux.

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