Le ministère de l’Intérieur du gouvernement canadien
voit le jour en 1873, après l’acquisition de Rupertsland (une partie du
Manitoba actuel) par le Canada. Il administre la Loi des terres fédérales
en vertu de laquelle un lot de 160 acres dans la nouvelle province du
Manitoba est réservé pour les colons à condition que ces derniers s’y
installent, le défrichent et le cultivent. En plus de gérer les terres,
le Ministère doit déplacer les Premières nations de l’Ouest dans des
réserves issues de négociations, régler les revendications territoriales des Métis, cartographier la vaste masse continentale occidentale, la diviser en fermes, en municipalités et en biens fonds ferroviaires, et administrer tout ce qui se rapporte à la colonisation et au milieu naturel. Entre autres fonctions, le ministère de l’Intérieur s’occupe de l’immigration, donc de l’arrivée au Manitoba de colons européens et américains. Il enregistre son plus grand succès après 1896 lorsque les marchés étrangers s’ouvrent au blé des Prairies. Sous le gouvernement de Sir Wilfrid Laurier, le Ministère dirigé à l’époque par le Manitobain Clifford Sifton fait venir dans les Prairies des milliers d’immigrants d’Europe de l’Ouest, centrale et de l’Est, ainsi que des États Unis, en espérant les voir exploiter la terre. Il organise d’importantes campagnes publicitaires aux États Unis, en Grande Bretagne et sur le continent européen. Le Canada se fait connaître dans les expositions internationales comme terre d’accueil. On publie également des affiches et des livrets dans une multitude de langues et qui sont envoyés outre mer dans les écoles, les gares ferroviaires et d’autres places publiques. L’année de l’affectation de Clifford Sifton au ministère de l’Intérieur, environ 16 000 immigrants arrivent au Canada, chiffre qui augmente au rythme de plus de 140 000 personnes par an jusqu’en 1905. De nombreux immigrants préfèrent à la ferme un emploi dans les mines, les usines ou les commerces de détail à
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