Titre: Mémoire confidentiel du 26 février 1908 de Louis Philippe Adélard Langevin concernant la question des écoles au Manitoba, extrait
Auteur: Langevin, L.P.L. (Louis Philippe Adélard), 1855-1915
Source: Archives de la Société historique de Saint-Boniface, Collection générale, 1.2/110
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Transcription

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l’inspecteur, dans les écoles publiques, pour suivre les cours su-
périeurs.
Devant cette opposition motivée, ces menaces de poursuite,
et même de spoliation de nos droits, l’archevêque de St-Boniface,
appuyé unanimement par les catholiques délégués pour traiter cette
question, a déclaré qu’il ne pouvait pas faire d’arrangement sans
compromettre les intérêts des catholiques, et sans s’exposer à un
fiasco inévitable, après l’exemple si frappant du cas Faribault, où
l’on a exécuté à la lettre les menaces de nos fanatiques de Winnipeg.
Le même diable travaille donc de la même façon au Canada et aux États-
Unis.
Cependant Sir Wilfrid Laurier étant intéressé à voir un
arrangement se conclure, parce qu’il aurait pu dire alors, comme il
l’a fait quand même, que la question était réglée, a exercé une
pression sur Son Excellence Mgr Falconio, délégué apostolique.
Il lui a dit que la chose était possible et qu’il n’y avait rien à
craindre, « qu’il verrait à nous protéger »; surtout il a ajouté que
Mgr Langevin, étant en bons termes avec Mr. Roblin, pouvait tout
obtenir de lui.
Les lettres du Délégué à l’Archevêque de St-Boniface éta-
blissent une entente évidente avec Laurier. Comment Roblin, protes-
tant, pouvait-il renverser ou violer une loi proposée par Laurier,
un catholique. Or, le bon Délégué, plein de confiance en Laurier
et se défiant de moi, m’a demandé en 1900, à la veille des élections
générales où le sort de Laurier était en jeu, de faire un acte de con-
fiance et de consentir à un arrangement risqué, mais auquel Laurier
veillerait. Là-dessus, je me suis récusé, citant le cas Faribault.

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