Titre: Lettre du 12 septembre 1865 de Louis-François Laflèche à Alexandre Antonin Taché, extrait, T3574-3577
Auteur: Laflèche, Louis-François, 1818-1898
Source: Archives de la société historique de Saint-Boniface, Fonds de la Corporation archiépiscopale catholique romaine de Saint-Boniface, Série Taché, T3574-3577
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Transcription

années que j’ai passées à la Rivière-Rouge
les colons étaient obligés d’aller chercher leur
bois de chauffage à une journée de distance,
(aller et retour).
Ce défaut de marché pour les pro-
duits des fermiers a été certainement une des
grandes causes qui ont retardé les 1782 progrès de
cette colonie, qui a déjà plus de 50 ans d’ex-
istence, et qui est encore aujourd’hui dans un
état bien précaire. Je crois devoir aussi
dire que cet établissement a été a plusieurs
reprises dévasté par la visite de nuées de
sauterelles qui ont en grande partie détruit
non seulement les moissons, mais même jus-
qu’aux feuilles des arbres. Des lettres que j’ai
reçues dernièrement de Mgr. [Monseigneur] Taché m’informaient
que c’est encore le cas cette année, et que
leur récolte a été presqu’entièrement [presque entièrement] dévorée
par ces redoutables insectes.
10. Les animaux
de ferme sont la
ressource la plus
sûre.
Dans mon humble opinion,
l’avenir de cette colonie est surtout dans
l’élève des bestiaux. Il va sans dire
que les pâturages sont des plus magnifi-
ques dans ces prairies, et offrent une source de
richesses inépuisable pour ce pays. Si l’hiver est un
peu long, le foin y est en compensation en très
grande abondance. Les chevaux hivernent faci-
lement dehors et à leurs dépens. Il n’est pas rare
de trouver des chevaux de 6 à 7 ans qui n’ont ja-
mais mis le pied dans une étable. Les bêtes à
cornes peuvent souvent rester au pâturages
jusqu'à Noël pour y retourner ensuite vers la
mi-mars. Des bÅ“ufs de pâturage tués [à]l’au-
tomne ont donné jusqu’à 1,000 ± [livres] et 1,100 ± [livres] de
viande.

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