Titre: Lettre de décembre 1914 d'Eugène Kern à Mme Constantine Kern
Auteur: Kern, Eugène
Source: Archives de la Société historique de Saint-Boniface, Fonds Lucien, Aimé, Eugène Kern, 188/324/45
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Transcription

Je vais communier à 11 heures. Je dine chaque fois en
ville. Combien de fois aussi la viande ne me plait pas
je n'en puis manger beaucoup, alors j'achète, chocolat
fromage, nous faisons des marches fatiguantes, nous buvons
pour nous réconforter un peu, des camarades viennent, m'offrent
un verre, je ne saurais toujours accepter sans retour, il
faut "surtout si cela dure". S'acheter bien des petites affaires,
et si nous voulons être guéris, il faut nous soigner
nous mêmes "nous somme en guerre".
Margueite me disait, vouloir elle aussi, m'envoyer
quelque argent. La seule manière serait en effet
par l'intermiédiaire du Consul, s'il n'y a pas moyen
autrement "ce que je trouve étrange". Marguerite
devrait envoyer si possible ce que vous pouvez, ainsi
que ce qu'elle me désigne, au consul après
informations bien entendu, car si seulement ça
dure autant que ce que nous avons passé, ma foi
se sera très pénible. Espérons que Dieu et la Ste
Mère abrégeront l'épreuve si douleureuse, et rendant
nos armes Victorieuses ce qui obligera l'envahisseur
de demander une paix..glorieuse pour nous.
Ma Marraine m'a écrit il y a quelques jours.
Elle me demande elle aussi ce que veut dire le
silence "d'Anocelet", n'ayant pas reçu de
depuis la guerre, j'ai écris a mon tour et
attends, je ne crois pas cependant qu'il leur
soit arrivé quelque choses.
Vous devez savoir, chère maman que
votre pauvre "Lucien", le premier de nous trois
est au feu depuis le 29 nov. Il m'a écrit de Belgique
2 fois il ne se plaint pas beaucoup. Il a reçu le
baptême par le feu, je crois, me dit-il j'ai la ferme
confiance, que je m'en tirai sain et sauf. Dieu
Ste Vierge me protègent. Je prie avec ferveur
pour lui, j'ai fait à son intention une commu-
nion, tous les jours au pied du divin Coeur, et
de Marie. Je supplie pour obtenir la
de notre soummission à la Ste Volonté
Je reprends chère Maman ma lettre après
deux jours d'interruption, car commencée le 22 dans
un poste où j'etais de garde je n'ai pu l'achever.
C'est aujourd'hui "Noël" je n'ai pas eu le bonheur de
receoir la Ste Eucharistie. Nous étions de corvée ce
matin, laquelle n'a pris fin qu'à 10 heures, nous
avons pris ensuite "à la compagnie" un très bon
repas de Noël, et à 11 heures ½ je prenais
le chemin de l'Église, heureux quand-même malgré
est toujours au dépot, j'ai souvent des nouvelles de tante Célestine
a tout, les Boches sont toujours à Leuone. Marie est
avec ses petits enfants au milieu d'eux.
Mes compagnons ont en général fait un véritable festin cette nuit. J'en souffrais et j'en était peiné, quand tant de deuils, de
larme et de sang, penser que notre pauvre pays, peut-on mon Dieu le lurer ainsi qu'en pleine prospérité, à la foie
aux chants
toujours
malhonnêtes
aux insultes
envers Dieu
pas une
prière, rien
que du plaisir
pour étouffer
la peine
ils sont
encore
trop
ainsi.
heureusement
que j'en
retrouve
toujours
âmes
nobles pieuses
au pied
de
et
ne
telles-ques
regrette
jamais
sacrifice
nos
et
Votre fils qui vous aime
de mettre de minuit dans le diocès de St. cette année, quelle contraste, quelle situation
ou en regard des années précédentes, nous vivons comme si nous ne voulions pas car il faut se maitriser, se
une nouvelle nature parfois. Je ne retrouve ma vraie vie ma véritable nature qu'à l'Église est encore je

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