Titre: Lettre du 22 septembre 1914 d'André de Montbel à Louis Philippe Adélard Langevin
Auteur: De Montbel, André
Source: Archives de la Société historique de Saint-Boniface, Fonds de la Corporation archiépiscopale catholique romaine de Saint-Boniface, Série Langevin, L43942-5
Page 3 of 4

Transcription

nous ne voulons pas y retourner.» Tristes paroles dans
la bouche des disciples d'un Dieu de miséricorde, qui
devraient être inaccessible aux sentiments de rancune
et de vengeance.
Enfin il en est qui ont osé dire: «Il faut que
la France soit châtiée» et ils attendent le châtiment avec
une sorte de satisfaction. Ce sont là des paroles que l'on
regrette de voir sur les lèvres d'homme qui paraissent
oublier que leur mission ici-bas n'est pas celle de justiciers
mais consiste à avoir miséricorde et, s'il en est besoin, à
s'offrir en holocauste pour le salut de l'humanité coupable.
Pardonnez-moi, Monseigneur, de laisser déborder
devant vous l'indignation que soulève en moi la conduite
des prêtres, religieux et frères français de la Province.
J'en éprouve une peine profonde que je ne saurais
mieux confier qu'à vous, Monseigneur, si Français de
coeur et de sentiments.
Beaucoup ont les yeux fixés sur la balance
de la Justice divine, ils s'obstinent à ne considérer
que le plateau du mal et se refusent à voir l'autre
plateau qui contient les expiations, les sacrifices, et
le sang le plus généreux de la France. Et cependant,
ne vous semble-t-il pas que Dieu regarde de
préférence ce dernier plateau, car depuis le début des
hositilités on voit clairement sa Providence dans touts
les événements qui se sont succèdé.
La France est coupable, bien coupable, mais la

Ressources numériques sur l’histoire du Manitoba