Title: Propos de Laura Morier recueillis par Pauline Morier, 24 avril 1994
Author: Morier Family
Source: Archives de la Société historique de Saint-Boniface, Fonds Famille Morier, 352/195/001
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Transcription

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Les trois frères étaient maraîchers. Emiline a marié Zéphirin
Picard et Marie-Anne, Arthur Picard. Horace a marié Berthe Dufresne.
Olier, l’aîné, a acheté du terrain plus tard au bout du Chemin
Ste-Anne. Sa maison est encore là. Il cultivait des acres et des
acres de pommes de terre, de choux, de gros légumes tandis que les
maraîchers cultivaient des serres chaudes – qu’ils commençaient à
chauffer au bois en février. Je me souviens que mon père se levait
à toutes les deux heures durant la nuit (février n’est pas chaud)
pour aller voir les fournaises qui réchauffaient les pipes d’eau
qui réchauffaient les serres. A Pâques, avant que les Américains
arrivent avec leur légumes, les Morier pouvaient vendre leurs
légumes (petits radis, petits oignons, laitue, toutes ces petites
choses qu’on trouve à Pâques).

Maintenant j’ai une petite histoire à raconter pour Pauline, ce que
ton père avait dit une fois. Quand venait le temps d’éplucher les
oignons les enfants étaient invités et étaient payés un sou ou deux
pour une botte qui revenait à six petits paquets d’oignons.
Quand on avait dix bottes on avait 10 sous. C’était beaucoup dans ce
temps là. Nous étions assis dans un hangar, les jeunes, les Anglais,
les Métis, les voisins. Guy qui était avec nous voulait dire quelque
chose à quelqu’un à l’extérieur du hangar. Il disputait et répétait :
« Ecoute j’t’l dirai plu, c’est la dernière fois.» Puis en rentrant
il dit : « Pis cé toute ». (rires)

Il y avait des Indiens, des Métis qui ne comprenaient pas tous les
mots en français. Quelqu’un a dit : « J’ai quasiment fini ». Le
Métis demande à l’autre : « Qu’est-ce que ça veut dire quasiment? »
L’autre lui explique avec gestes et accent métis : « Ben tsé ton nez
pis ton doigt, pas dedans mais presque. »

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