Title: Propos de Laura Morier recueillis par Pauline Morier, 24 avril 1994
Author: Morier Family
Source: Archives de la Société historique de Saint-Boniface, Fonds Famille Morier, 352/195/001
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Transcription

Le premier travail qu’ils ont fait fut de planter les arbres sur la
rue Broadway. Quand ils furent mieux installés ils sont déménagés
sur la rue Polson, où ils ont commencé un petit jardin, qu’ils a
ppelaient le maraîcher. Il y avait des terres superbes entre la
rivière Rouge et la rivière Seine qui n’avaient jamais été cultivées
et qui appartenaient aux Métis. Les nouveaux colons arrivaient,
mariaient une autochtone ou une métisse et héritaient des terres.
Ici j’ai trois noms : M. Guay (Jos Guay est un descendant) a marié
une Métisse. Je me souviens qu’elle portait les « petits souliers de
bœuf » et marchait comme une Indienne (petits pas); elle trottinait.
Souvent je marchais avec elle sur le chemin de terre jusqu’à chez elle.
J’aimais l’entendre parler. Elle était grasse et bien gentille et
douce. Ensuite il y avait M. Mouard (Français de France) et M. Poitras
tous deux mariés à des Métis. C’est comme ça que les Morier ont
acheté du terrain. De qui exactement? Je ne sais pas. Les terres
avaient d’abord appartenu aux Indiens à qui on avait donné le droit
des terres. C’est comme ça que les Morier sont venus à St-Vital.
Sur les entrefaits [entre faits] les garçons Morier ont demandé au père de venir
les rejoindre au Manitoba. Le père, Joseph Morier demandait toujours
conseil au prêtre. « Qu’est-ce que je dois faire? » Le prêtre a
répondu : « Vos enfants sont votre responsabilité. Votre femme est
adulte et donc responsable d’elle-même. Occupez-vous de vos enfants. »
Alors Joseph Morier est venu au Manitoba. Quand les enfants ont tous
été mariée il a fait une grande surprise (cachottier). Il a ouvert
la porte et la belle-mère était là. La fête était terminée.

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