Title: "La prohibition" dans Les Cloches de Saint-Boniface, vol. XV, no 3, 1 février 1916, extrait, p. 41
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Source: Archives de la société historique de Saint-Boniface
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LES CLOCHES DE SAINT-BONIFACE 41
LA PROHIBITION
Le 13 mars est le jour fixé par le Gouvernement du Manitoba
pour le vote sur la prohibition de l’alcool. Nous exhortons vivement
tous les catholique de la province à voter en faveur de cette mesure
salutaire et à user de leur influence pour déterminer leurs parents et
amis à faire de même. Qu’aucun ne néglige d’enregistrer son vote
pour le fermeture des buvettes, cause de tant de maux. A l’appui de
notre pressante exhortation, nous reproduisons les extraits suivants
d’une remarquable lettre que S. G. Mgr Bernard, évêque de Saint-
Hyacinthe, a adressé aux fidèles de sa ville épiscopale à l’occasion
du vote de la prohibition qui y a été pris le 24 janvier dernier.
Vous êtes appelé à accomplir un des actes les plus importants
de votre vie social. En mettant fin, parmi nous, au règne de l’alcool
vous allez procure à Saint-Hyacinthe une ère de prospérité, de paix
et de bonheur.
C’est pourquoi je tien à vous dire tout de suite combien je
désire vous voir étudier attentivement cette question de prohibition.
Elle mérite, en effet, de fixer votre plus grande attention. Vous devez
la considérer, sous ses divers aspects, en votre qualité de citoyen et
de catholiques. Comme citoyens, ne cherchez que de bien de votre
ville. Ne vous laissez arrêter par aucune considération d’intérêt, d’a-
mitié, de rancune, de condoléance, ou de vaine pitié. Comme catholi-
ques, mettez, avant tout et par-dessus tout, la cause de Dieu et le
bien des âmes.
Ici, entendez de nouveau le cri d’alarme qu’ont jeté les Pères du
Concile Plénier de Québec. Dans la lettre pastoral qu’ils ont adres-
sée à tous les fidèles du Canada, ils disaient : « Parmi les plaie socia-
les qui ont déjà fait beaucoup de mal à notre pays, nous tenons par-
ticulièrement à indiquer l’alcoolisme. Il est peu de vices qui soient
plus féconds en ruines que celui-là; il n’en est point qui ouvrent plus
sûrement et plus vite la voie à toutes les déchéances physiques, intel-
lectuelles et morales. L’alcool est un poison qui a ce terrible pouvoir
de s’attaquer à la fois à l’âme et au corps, dont il paralyse toutes les
énergies, et épuise toutes les sources vives. L’appétit grossier, insa-
tiable et immoral qu’il développe dans les sens, est une des passion
les plus avilissantes et les plus inguérissables que l’on connaisse. Les

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