Title: Lettre du 6 mai 1915 d'Eugène Kern à Mme Veuve Eugène Kern
Author: Kern, Eugène
Source: Archives de la Société historique de Saint-Boniface, Fonds Lucien, Aimé, Eugène Kern, 188/325/51
Page 2 of 3

Transcription

aimé, et aujourd'hui plus que jamais, quoi-
que 8 mois ½ se sont écoulés depuis notre départ
mais ma pensée, mon coeur a toujours volé
vers vous, sachez, ma chère maman bien
aimé que le coeur brisé, mais calme et
satisfait du Devoir accompli, n'ayant
plus de nouvelles de mon frère Eugène
que j'aimais tant quoique parfois
naguère, il nous a fait souffrir, j'ai
le coeur plein de vengeance, celle-la elle
est permise, car elle est sacrée, j'ai mon
frère à venger, si à l'heure de l'attaque
j'ai le bonheur de ne pas être frappé
grâce à Jésus à Marie ma bonne Mère
malheur au Boche qui se trouvera à
la portée de ma baïonnette, où à bonne
portée pour le dégringoler d'une balle,
Oh frère qui m'a toujours consolé, et ré-
conforté, aux jours d'épreuve, et aux heu-
res sombre, qui se montrait souriant
et courageux, l'étoile qui brillait pour
nous, l'avenir qui s'annonçait, tout
nouveau, une vie de prière et de pénitance
oh frère bien aimé, mon père chéri
voyez du haut du ciel, que vos fils ont
hérité du sang noble d'Alsacien et de
Français, Oh je vous vengerai: terriblement
si Dieu me le permet, car cet Allemand
jadis déjà si brutal, est devenu pire que
la brute, abject, bandit, voleur, tout ce
qui forme le criminel, le soldat du Kaiser
maudit, l'incarne en son être et dans
ses actes, je suis en bonne santé et
je souhaite de grand coeur qu'il en soit
ainsi pour vous oh comme votre lettre
bien arrivée ma fait plaisir, et en
même temps m'a peiné, car la diffèrence
qui existe là-bas et ici, mon pauvre petit
lot que j'aimais tant qui l'avait tant
travaillé avec gout, pour le mettre en
valeur, et il y était juste au moment
tragique de la guerre, qui nous fait
tant souffrir, mais soyez persuadé
que malgré le chagrin, de notre vie
si calme et là-bas dans les petites
maison blanches de mon lot, de ma petite
(Vivousse Blonde) que j'aimais
tant, que je ferai mon devoir, coura-
geusement, mais sans imprudence
mais nous ne connaissons pas le sercret de Dieu

Digital Resources on Manitoba History